Pintura: Marcel Duchamp
Ma folie
Mejor una jungla en la cabeza
Que hormigón sin raíces.
Mejor sentirse perplejo
Ante la tortuosa calle de las luciérnagas.
Derek Walcott
Entre l'air qui déchausse
Les oiseaux
La vie et la mort
Choses fondamentales
Le fond de Dieu qui devine
La toile des abîmes
Sans y penser
Homme dans le noir
Oiseau migratoire qui glisse
Vers le bas
Vers le haut
Tout comme l'horizon
Sans personne dans les empreintes
De ses mains
Clarté au milieu des absences
Espaces des spectres que l'oeil ne perçoit pas
La vie dans son étui
La nuit dans son suaire
Toutes deux oubliées
Par la brume
Tout cela forme l'intime rêverie
Fixée aux poches
Dans les ficelles
Des sourcils
Ou dans le chemin que parcourent les souvenirs
Quand l'étonnement
S'arc-boute
Fatigué de vivre
Cette bruine de savon dans les airs
Qui soudain disperse
Des bulles dans le visage
Et tombe ensuite dans le trou de la nuit
Là où il n'y a que des tables sans chaises
Quais sans navires
Jours inexistants
Parfois on veut se palper
Les frissons sursautent
On est un dépôt extrinsèque
Reflet de quelque chose
De pénombres errantes
D'îles
De retours
De corps qui jouent à être eux-mêmes
Je ne sais pas si de Dieu
On est l'autre
L'autre version de l'absent
Tulle d'eau qui s'infiltre
Comme s'il était vivant
Parmi les branches dégarnies
Aériennes
Nous nous lançons parfois
Au jeu soudain de l'oubli
Et nous nous tatouons la peau
Avec des pinceaux éthérés
Le temps nous fait mal
Les spasmes d'éléphant de ses pas
Les pierres qui nous excèdent
Le solliloque avec Dieu
Nous pensons à cheminer
Le sentier se trouve toujours
Au bord du vide
Dessiné par la pensée
Le chemin est ce feu
Calciné
Qui rêve d'oubli.
Traducción de Danièlle Trottier.
Del libro: Le feu derrière la fenêtre.
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