jueves 4 de octubre de 2007

Ma folie_André Cruchaga

Pintura: Marcel Duchamp





Ma folie




Mejor una jungla en la cabeza
Que hormigón sin raíces.
Mejor sentirse perplejo
Ante la tortuosa calle de las luciérnagas.
Derek Walcott



Entre l'air qui déchausse
Les oiseaux
La vie et la mort
Choses fondamentales
Le fond de Dieu qui devine
La toile des abîmes
Sans y penser
Homme dans le noir
Oiseau migratoire qui glisse
Vers le bas
Vers le haut
Tout comme l'horizon
Sans personne dans les empreintes
De ses mains

Clarté au milieu des absences
Espaces des spectres que l'oeil ne perçoit pas

La vie dans son étui
La nuit dans son suaire
Toutes deux oubliées
Par la brume

Tout cela forme l'intime rêverie
Fixée aux poches
Dans les ficelles
Des sourcils
Ou dans le chemin que parcourent les souvenirs
Quand l'étonnement
S'arc-boute
Fatigué de vivre

Cette bruine de savon dans les airs
Qui soudain disperse
Des bulles dans le visage
Et tombe ensuite dans le trou de la nuit
Là où il n'y a que des tables sans chaises

Quais sans navires
Jours inexistants

Parfois on veut se palper

Les frissons sursautent

On est un dépôt extrinsèque
Reflet de quelque chose
De pénombres errantes
D'îles
De retours
De corps qui jouent à être eux-mêmes
Je ne sais pas si de Dieu

On est l'autre
L'autre version de l'absent
Tulle d'eau qui s'infiltre
Comme s'il était vivant
Parmi les branches dégarnies
Aériennes
Nous nous lançons parfois
Au jeu soudain de l'oubli
Et nous nous tatouons la peau
Avec des pinceaux éthérés

Le temps nous fait mal
Les spasmes d'éléphant de ses pas
Les pierres qui nous excèdent
Le solliloque avec Dieu
Nous pensons à cheminer
Le sentier se trouve toujours
Au bord du vide
Dessiné par la pensée

Le chemin est ce feu
Calciné
Qui rêve d'oubli.
Traducción de Danièlle Trottier.
Del libro: Le feu derrière la fenêtre.
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